Keeping up with the parents – ÉPISODE 1 : SODEXO ++

Chroniques d’une guerre douce (et parfois franchement absurde) en milieu parental urbain.


Bienvenue dans mon théâtre du quotidien parental. Une série d’épisodes courts, doux-amers, sur les petites violences symboliques entre couches, cantines et compétitions absurdes. Parce qu’être parent, parfois, c’est surtout observer les autres… très fort. J’écris chaque épisode comme un manuel de survie parentale, non vraiment ne me remercier pas !


Précédemment dans Keeping Up With the Parents
Sabine a failli m’expliquer que les brocolis font la différence entre une école et une zone de guerre...


La cantine.
Ah oui.

Quelle bénédiction, vraiment.
Une nounou qui se prend pour la PDG de l’Éducation nationale et la sommelière en chef des nuggets bio. Rien de tel qu’un petit concours de parentalité passive-agressive pour pimenter le quotidien.

Sabine, dans sa croisade pour la suprématie parentale, lâche comme une grenade bien dégoupillée :

— Mon fils est en école privée, c’est mieux.

Je lève un sourcil. Pas assez pour qu’elle s’en offusque. Juste assez pour qu’elle s’y engouffre.

— Je connais même la marque de la cantine !

Sourire poli. Le scoop, c’est Sodexo.

Mais attention : plot twist.

— Mais c’est Sodexo Plus Plus. Y’a genre… un chef.

Un chef. Un vrai. Avec toque invisible et quinoa équitable, probablement. Peut-être même un ancien de Top Chef recyclé en cantinier engagé, qui te sert des quenelles vapeur au beurre de courgette bio revisité pour des enfants qui mâchent encore comme des castors.

Je suis censée être impressionnée.
À la place, je me retiens de lui demander si ce fameux chef cuisine aussi les barquettes au micro-ondes, ou s’il est juste là pour saler les plats avec son ego.
Est-ce qu’ils saupoudrent les coquillettes de copeaux de truffe imaginaire ?
Ou est-ce juste Sodexo, mais avec un serveur qui dit bonjour en latin ?

Sabine a cette capacité rare de transformer un banal fournisseur de cantine en objet de prestige comparatif.
C’est presque un art.
Un art maléfique, mais un art.

Et là, je pige un truc.

Sabine croit qu’elle parle nutrition.
En vrai, elle parle classe sociale.

Ce qu’elle dit, c’est :

“Chez nous, on est civilisés. Les enfants mangent des légumes. Pas des frites molles à la chaîne.”

Mais ce n’est pas une conversation sur l’alimentation.
C’est une hiérarchisation en douce, sous forme de brocolis vapeur.

Elle pense que “privé = mieux” et que le public, c’est pour les ploucs.
Spoiler : c’est les mêmes raviolis réchauffés dans les mêmes camions.

Répliques que j’aurais aimé sortir :

— Oui, c’est rassurant. Parce que l’important dans la scolarité, c’est clairement le branding de la purée.
— C’est génial. Vous avez aussi des serviettes chaudes et une playlist de jazz pendant les brocolis ?”
— Waouh, ça a l’air d’un resto étoilé. Y’a une carte des vins pour les CE1 ?

Mais je dis rien.

Je la laisse flotter dans son illusion Sodexo Deluxe.

Parce que Sabine ne veut pas juste que son fils mange.
Elle veut qu’il mange mieux que le tien.

Et ça, c’est de la haute cuisine émotionnelle.


💬 Tu connais une Sabine ? Tu vis avec ? Tu l’es parfois ?

Balance un mot. Raconte-moi ta cantine.
(Si t’as des truffes sur les coquillettes, tu peux aussi venir pleurer avec moi.)

📌 Prochainement dans Keeping Up With the Parents :
Sabine découvre les graines de chia. Et moi, mes limites.

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