Épisode 2 – Les enfants sont chez Mamie

Précédemment dans Keeping Up With the Parents…

Sabine gagnait des points sociaux avec sa purée Sodexo.
Aujourd’hui, on change de décor :
Pas d’école, pas de chef, pas de quinoa.
Juste une Mamie. Et une génération qui outsource sa parentalité entre deux week-ends à Lisbonne.


On ne les voit pas trop, les enfants.
Pas chez eux, en tout cas.

Ils sont chez Mamie.
Chez la nounou.
Chez la voisine.
Chez “les autres”.

Et c’est pratique, les autres.
Ça permet de vivre sa vie d’adulte sans interruption collante à base de yaourt et de chagrin flou.
On appelle ça “préserver du temps de qualité”.
Mais en pratique, c’est surtout :
minimiser le frottement parental.
Protéger son apéro.
Optimiser la fatigue.
Prolonger l’illusion qu’on peut tout avoir : l’enfant, l’amusement, le vin orange, la paix mentale.

Bienvenue dans la parentalité externalisée.


On délègue tout :
– Les devoirs → orthophoniste
– Les jeux → animateur
– L’éducation → école privée + yoga enfant + anglais dès 3 ans
– Les weekends → Mamie

Et on saupoudre de jolies phrases pleines de calme en stories :

“Je préfère du temps de qualité.”

“Ils sont plus stimulés ailleurs.”

“Nous, on a besoin de se retrouver.”

Traduction ?
“J’ai pas envie. J’ai les moyens.”


Parce que oui :
c’est plus facile de payer que de passer du temps.
Et en attendant, les enfants… ils comprennent rien à la vie.
Pas tous. Mais beaucoup.

Ils sont paumés, mal dégrossis, vides de conversation réelle.
Ils n’apprennent pas la vie, ils la regardent passer depuis le canapé de Mamie.


Guillemette Faure et Louise Tourret ont étudié pourquoi les enfants de profs réussissent mieux.
Elles parlent de présence concrète, de dialogue constant, de vécu transmis en continu.
Pas de “temps de qualité” emballé dans du silence.

Les enfants de profs réussissent parce qu’on leur parle.
Parce qu’on est là.
Pas parfait. Pas zen. Mais là.


Pendant ce temps-là, Mamy galère à gérer les mômes en solo…
Pendant que les parents boivent leurs IPA sur le dernier rooftop à la mode.
Pas pour bosser.
Pour “profiter”.

Parce que l’amusement est devenu un objectif de vie.
Et qu’on a oublié que l’amusement, c’est une respiration.
Pas un but.


Ce n’est pas un crime de vouloir un break.

Mais ce n’est pas non plus un mérite que de vivre à côté de son rôle en espérant que les billets de 50 remplacent le regard, les engueulades, la fatigue, le silence partagé dans une chambre avec un puzzle moche.


Les enfants sont chez Mamie.
Et nous, on boit un Spritz en postant une photo du ciel.
Tout le monde a l’air heureux.
Mais certains sont juste absents.


🌀 Keeping Up With the Parents – chronique douce-amère en parentalité optimisée.
🥣 Prochain round : le brunch Montessori. Spoiler : pas que du granola.

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