Il était une fois une machine à laver (ou comment perdre 1 cuillère sur 5 avant même d’avoir bu ton café)
Il était une fois une machine à laver,
des serviettes trempées,
et une question de trop.
🫖 “Je les mets où, poulette ?”
🖕 Dans ton patriarcat domestique, mon amour.
🧠 Coût mental de l’épisode ?
1 cuillère sur 5.
Pas pour la lessive. Pour le poids de tout faire, tout penser, tout porter.
La charge mentale, les micro-interruptions,
les “petites questions” qui finissent en raz-de-marée.
Je suis pas un agenda sur pattes.
Je suis pas une appli de gestion ménagère.
J’ai pas signé pour être la mémoire du foyer.
J’ai pas une barre de chargement au-dessus du crâne.
Et pourtant… je gère.
Alors j’écris. Je compte mes cuillères. Je reprends des forces.
Et toi, si tu me lis :
je te crois, je te vois, t’es pas toute seule.
Pas pour les serviettes. Pour le trop-plein invisible.
Le genre de phrase qui paraît inoffensive.
Le genre de phrase qu’on a toutes entendue.
Le genre de phrase qui coûte, mentalement.
Pas parce qu’elle est violente.
Mais parce qu’elle repose sur un principe bien connu des femmes, des mères, des partenaires silencieuses :
être la gardienne mentale du foyer.
Être la mémoire vivante du ménage, de l’intendance, de la pédagogie, du frigo, de la météo et des tailles de fringues.
Un cerveau en split-screen, en mode 54 onglets ouverts.
Mais j’écris. Je transforme.
Et chaque mot me redonne une cuillère.
Si toi aussi tu te demandes parfois où t’as mis les tiennes :
je suis là.
On est plusieurs.
On avance, ensemble.
💬 La fameuse charge mentale
Concept posé par Monique Haicault, popularisé par Emma dans sa BD, et vécu par… ben, nous toutes.
La charge mentale, c’est pas juste faire les choses.
C’est y penser tout le temps.
C’est anticiper, planifier, prioriser.
C’est être l’interface centrale de la vie quotidienne.
Et parfois, il suffit d’un petit
“Je les mets où, poulette ?”
pour nous rappeler qu’on n’est pas seulement en train de plier une serviette.
On est en train de porter tout un système. Invisiblement.
🥄 La théorie des cuillères
Le Spoon Theory, théorisé par Christine Miserandino, part d’une idée simple :
Chaque jour, on dispose d’un nombre limité d’unités d’énergie – appelées “cuillères”.
Tu te lèves. T’as 5 cuillères.
Te lever ? – 1 cuillère
Préparer ton enfant ? – 1
Répondre calmement à une question logistique mal placée ? – 1
Et voilà, il en reste 2 pour survivre à ta journée.
Encore faut-il que personne ne te vide ton tiroir sans te prévenir.
C’est une métaphore qu’utilisent beaucoup les personnes neuroatypiques ou vivant avec des maladies chroniques.
Je suis neurodivergente. Mais en vérité, elle parle à toutes celles qui avancent avec une jauge d’énergie instable.
✊ L’acte d’écrire, comme résistance douce
J’ai 5 cuillères aujourd’hui.
Pas plus.
Mais à chaque fois que j’écris,
chaque fois que je dis :
“Ceci m’épuise, ceci m’appartient, ceci me regarde”
j’en récupère une.
Et si toi aussi tu comptes les tiennes…
Si toi aussi tu redoutes cette voix en fin de cycle qui te demande où les mettre,
sache que t’es pas seule.
On est beaucoup à vouloir fermer la porte de la buanderie.
Ou à vouloir répondre :
“Dans ton cul, mon amour.”
Avec tendresse. Et lucidité.
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